Programme de cette édition :
- "Comment faire pour qu'ils m'écoutent ?"
- Nouvel épisode de Passe moi le sel #57
Temps de lecture :
- 6 minutes, soit le temps d'infusion d'une petite camomille des familles
"Comment faire pour qu'ils m'écoutent ?"
Je me lance directement : celles et ceux qui ont déjà dit « le travail, c'est le travail, la vie perso reste à la maison » sont des gros mythos.
Ceciiiii étant dit, je m'explique :
En bientôt 5 ans d'accompagnement des dirigeants de restaurant, je comprends une chose essentielle dans le management d'équipe : le management, c'est personnel.
Tu peux lire autant de techniques, d'outils et de process que tu veux. Ou faire 5 ans d'études sur le sujet, comme moi, le management est et restera toujours une question de posture, de communication et donc une question de relation.
Normalement, si tu as déjà écouté mon podcast et lu quelques-unes de mes newsletters, tu n'as rien appris de choquant à ce stade ! Mais reste encore un peu et je pense pouvoir te débloquer 2-3 trucs utiles.
Par exemple, le fait que, qui dit relation, dit projection sur l'autre.
Une projection, c'est le fait de mettre à l'extérieur de soi notre propre peur, frustration ou dégoût (souvent des trucs ultra positifs aussi, mais on est là pour régler les soucis donc je mets le focus sur le "négatif").
On peut donc projeter sur un objet : typiquement, les personnes qui projettent leur insécurité sur l'argent.
Ou projeter sur un concept : typiquement, les personnes qui projettent leur tumulte intérieure sur un lieu de vie (vivre en ville VS vivre dans une cabane flottante sans wifi ni José pour t'emmerder).
Et souvent, dans nos relations, on va aussi projeter sur l'autre !
Évidemment, le souci des projections, c'est qu'on donne à l'autre le pouvoir de nous satisfaire OU de nous frustrer. Et donc, on perd au même moment, ce pouvoir, cette capacité.
Mais ce qui est génial aussi, c'est que dans la projection qu'on fait, on a souvent la clé de résolution de la situation !!
Si ce n'est pas déjà fait, j'en profite pour te rappeler que tu peux désormais me trouver sur Insta. Je publie des idées à piquer, des conseils pour dirigeants de restaurants et des actualités sur mes coulisses !
Ne loupe plus une story ou un post : abonne-toi !
Je mets en exemple un cas qu’on a travaillé en session avec un restaurateur, pour que tu comprennes bien clairement. Appelons-le Marc.
Marc a mis en place une nouvelle carte, avec des changements visant à développer le CA. Il y croit et y tient beaucoup parce qu’il s’inquiète financièrement. Il a présenté la carte à l’équipe, a tout préparé pour son lancement.
Et quelques jours après, il constate que l’équipe ne fait pas tout ce qu’il a demandé.
Marc me dit en début de session : « j’en peux plus de mon équipe, comment faire pour qu’ils m’écoutent ? »
Il m’explique tout ce qu’il a mis en place pour amorcer le changement de carte, qu’il a répété plusieurs fois les nouvelles règles (vente additionnelle systématique, demande d’avis Google, etc.). Il l’a déjà dit, en individuel, en réunion de groupe. Il l’a écrit sur WhatsApp. Il a multiplié les messages.
Marc est persuadé d’avoir le charisme d’un rouleau de scotch, tant son équipe ignore ses demandes.
On discute et je lui fais remarquer une chose : il est tellement obnubilé par tout ce qu’il a dit et répété qu’il ne voit pas ce qui n’a pas été dit.
Marc n’a pas demandé à son équipe pourquoi elle ne suivait pas les nouvelles directives ?
Il n’a ni demandé, ni écouté. Et certainement pas compris.
En buggant telle une mouche contre une vitre sur le fait que son équipe « n’écoute pas !! », il est passé à côté de l’évidence que c’est lui qui ne les écoute pas.
Il a projeté sa propre difficulté à engager le dialogue et à prendre le temps de comprendre l’autre sur l’équipe. Et le signe inloupable que c’était une projection (qui cachait aussi la clé), c’est le niveau émotionnel que ça engendrait chez lui.
Le lendemain, Marc a convoqué l’équipe et a fait un mea culpa. Il a expliqué que, dans le stress financier, il en a oublié de collaborer et a commencé à imposer. Et qu’il est désormais ouvert aux idées, aux retours et aux questions.
Voici les retours qu’il a reçus concernant ses nouveaux process de vente et la nouvelle carte :
- Je n’aime pas vendre le café gourmand car je ne le trouve pas qualitatif.
- Je n’ose pas demander des avis Google, j’ai l’impression de quémander.
- Les clients ne comprennent pas le nouveau système de formule déjeuner.
- Je n’avais pas compris que c’était aussi urgent de vendre plus.
- Je n’avais pas compris que c’était dès maintenant, je pensais qu’on serait formé.
C'est fou comme ils en avaient des choses à dire !!
C’est ainsi que le dialogue a repris avec son équipe.
Marc a même pu en rire avec eux, tant il était passé à côté de l’évidence : il n’écoutait plus personne et courait partout en demandant aux gens de commencer à courir et de mieux écouter !
Marc a appris une belle leçon : celui qui offre l’écoute, la reçoit.
Le nouvel épisode de Passe-moi le sel complète cette newsletter avec des exemples opérationnels et des questions à te poser si tu sens que ton équipe ne suit pas assez !
Il est déjà sorti et est disponible sur toutes les plateformes d'écoute.
Et avant que tu ailles l'écouter, je voudrais te donner 2 billes supplémentaires :
1- Tu peux avoir un salarié qui n'écoute pas, tout simplement parce qu'il ne veut pas. Dans ce cas, ce n'est pas une discussion managériale à avoir, c'est une fin de contrat. Et sans tortiller des fesses stp.
2- Tu peux aussi avoir un profond désintérêt, voire un méga blocage, avec le management. Dans ce cas, soit tu t'es trompée de métier et il vaut mieux en changer. Soit tu te fais aider (par moi ou autre). Sans ça, tu t'exposes à une charge mentale démente et à des opérations qui ne sont pas rentables.
Dans un cas comme dans l'autre, tu as mon soutien.
Par ici pour écouter l'épisode :