Programme de cette édition :
- Un métier encore sous-estimé par la plupart
- Deux restauratrices reconverties, deux vécus opposés
Temps de lecture :
- 4 minutes si on est d'accord
- 4 minutes et un mail de retour si avez un autre avis
1. Un métier encore sous-estimé par la plupart
Si jamais tu ne le savais pas, moi je n'ai fait que de la restauration.
Un bachelor en management d'hôtel et de restaurant, en alternance dans 10 boîtes différentes en 3 ans, à tous les postes, plus les saisons. Un master en management culinaire, avec 1 an de stage.
Mes premières expériences salariées en événementiel (nul) puis en exploitation (trop bien).
Puis le conseil & coaching (trop trop bien).
Et depuis tout ce temps, quand je dis ce que je fais, dès que je mentionne le mot "restau..." on me répond "ah mais moi j'ai toujours rêvé d'ouvrir un restaurant !!"
Je caricature, mais pas tant :
Les daddys veulent un petit bar auquel s'accouder et servir des ballons à leur pote, s'acheter une belle machine à trancher.
Les mummys veulent un restaurant pour y emmener les enfants, qu'ils jouent en sécurité pendant qu'elles voient leurs copines.
Les jeunes veulent un coffee shop (pour pas bosser le soir) ou une franchise (sans savoir ce que ça veut dire et parce que ça fait plus "business", que de dire "restaurant").
Et moi dans tout ça, je les écoute avec plaisir parce que je trouve ça beau d'avoir des envies et de rêver.
Mais j'ai aussi une petite voix dans ma tête qui leur répond : "tu tiendras pas 3 mois toi."
Parce qu'un restau c'est pas une dinette. C'est pas pour inviter les potes (ou alors ils payent x2).
C'est pas accessible parce que tu sais cuisiner et tu aimes recevoir.
C'est fatigant émotionnellement, socialement et physiquement.
Ça t'attrape les nerfs d'une façon que tu pouvais pas imaginer avant.
Ça te challenge dans ta posture et ton identité, parce que si tu t'adaptes pas, tu survis pas.
Et pendant toutes ces années, et encore aujourd'hui, derrière ce faux intérêt pour le métier, j'ai surtout vu des gens qui le sous-estiment encore. Cette hierarchie sociale entre les métiers de "savoir" et les métiers de "faire".
Comme si c'était un métier pour quand t'en as marre du tien.
Pour quand tu veux t'amuser, être créatif. Faire un truc moins ✌️✌️sérieux✌️✌️.
Comme un terrain de jeu pour adulte qui s'ennuie de sa vie.
Alors que c'est un parcours du combattant.
Chaque jour apporte son lot de complexité, te mettant dos au mur le lundi et t'offrant un horizon inespéré le mardi.
Comme une relation passionnelle qui est aussi belle qu'elle peut être dure à vivre.
Certains rêveurs abandonnent ou sont forcés de le faire. Et à ce moment-là, ce sera la faute du quartier, des clients qui n'ont pas compris, le comptable qui n'avait pas dit, le concurrent qui a baissé ses prix.
C'est ça le restaurant.
Et celui ou celle qui le prend de haut, finira par tomber d'encore plus haut.
J'aime ce métier, je le trouve magnifique. Comme une personne complexe, nuancée avec ses profondeurs et ses surprises. Mais qu'il ne faut jamais le sous-estimer.
Ce coup de gueule fait du bien.
J'espère qu'à toi aussi.
2 - Deux restauratrices reconverties, deux vécus opposés
Florence et Léna sont les invitées du dernier épisode de Passe moi le sel.
Je les accompagnais en individuel, puis elles ont rejoint mes groupes de codéveloppement entre restaurateur·rices. Je les ai mises dans le même groupe et je les ai même mises en binôme pour tout le semestre de Codev.
Cette rencontre a fait un feu d'artifice.
Toutes les deux exploitant leur café de quartier depuis 7 ans.
Reconverties, pour entreprendre en restauration.
Pour ouvrir "un petit café de quartier".
Alors qu'elles ne venaient ni du métier, ni d'une famille d'entrepreneurs.
Toutes les deux challengées par l'aspect financier du métier, le management d'équipe, le client et ses demandes farfelues. Mais aussi dans leur posture entrepreneuriale.
Pourtant, quand elles se racontent, Léna dit qu'aujourd'hui, son Café Biscuit correspond encore à son rêve devenu réalité. Et Florence admet (difficilement) qu'elle a un ... restaurant !
L'une veut passer sa vie les mains dans la pâte à cookie.
L'autre a du mal à mettre un pied dans sa cuisine.
L'une dit "non" sans difficulté à son client.
L'autre dit "oui" et écoute les demandes, même si ça transforme son modèle.
Les deux travaillent à leur rentabilité, leur organisation opérationnelle.
Les deux regardent l'avenir en se demandant quelle sera leur prochaine étape.
Le nouvel épisode de Passe moi le sel, le 60, est un épisode garanti feel good. Parce que dans leurs challenges et dans leurs différences, Léna et Florence transmettent un amour qui va au-delà de la passion de leur projet. C'est vraiment un amour de leur personne qui les aide à transcender les challenges que la vie professionnelle met sur leur route.
Et c'est vraiment beau à écouter.
Pourquoi pas à la plage ;) ?
Et si ce n'est pas déjà fait, je te recommande aussi :
Florence et Léna avaient aussi toutes les deux réalisé un diagnostic flash de leur projet et contexte en 2025, avant qu'on travaille ensemble (séparément mais au même moment).
Si c'est aussi un bon moment pour toi pour recevoir un regard extérieur sur ton contexte au restaurant et sur tes prochaines étapes de développement, le diagnostic est toujours disponible (et offert) :
Par contre, tu l'as compris, il est réservé à celles et ceux qui sont prêts à recevoir cet avis extérieur :)