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"On voulait juste ouvrir un café"
Published 20 days ago • 6 min read
#50 L'entreprise grandit et nous avec ou bien est-ce le contraire ?
Margaux et Arvid racontent (toute) l'histoire de Suzzi
Hello hello les ami·es,
Il y a quelques semaines, je suis allée rendre visite à Margaux et Arvid, cofondateurs du café Suzzi à Bordeaux. Un café brunch aux allures scandinaves qu'ils ont ouvert à deux, dans 35 m², avec 0 budget, des copains qui viennent aider et beaucoup de rouleaux à la cannelle façonnés à la main.
En quelques années, Suzzi deviendra une adresse reconnue, accueillera une trentaine de personnes dans l'équipe et s'étalera sur plusieurs espaces dans le même quartier : labo de production, espaces de vente, espaces pour les salariés.
Et pour la première fois, Arvid et Margaux racontent toute l'histoire de Suzzi, à mon micro, sur Passe moi le sel. Une histoire qui mélange leur évolution personnelle, leur association en couple et leur développement d’entrepreneurs passionnés.
On se connaissait déjà bien avec Margaux et Arvid quand on a enregistré cet épisode, parce que ça faisait déjà plus d’un an que je les accompagnais. Le gros du travail étant terminé, ils ont enfin pu prendre le temps d’enregistrer leur épisode de Passe moi le sel.
Je trépignais, je n’ai pas été déçue. Et je sais que vous ne le serez pas non plus !
On en a profité pour aller déjeuner sur la terrasse du Matsa Caffé de Sara et Matthieu (que j'embrasse au passage) QUELLE P*TAIN DE JOIE
Programme de cette édition :
D'un petit café à une grosse entreprise
Entre ton entreprise et toi : qui va outgrow l'autre en premier ?
Temps de lecture :
5 minutes (je crois)
D'un petit café à une grosse entreprise
Margaux et Arvid se rencontrent en Australie et décident de rentrer à Bordeaux pour ouvrir Suzzi.
Au début, Suzzi est un petit café qu'ils gèrent tous les deux. Mais un petit café qui cartonne. La salle est constamment pleine, des clients attendent parfois jusqu'à 45 minutes ou 1 heure devant le café pour profiter de leur cuisine suédoise.
Margaux et Arvid font tout eux même, travaillent toute la journée, méga sourire sur le visage, les jambes en feu, un regard sur la plonge qui se transforme en montagne à démolir en fin de journée.
Et ils recommencent, tous les jours.
À ce moment-là, ils ne sont “que deux” : pas d'équipe et pas encore d'enfants.
Et la course au développement a déjà commencé, sans qu'ils l'aient décidé.
Le développement du lieu, qui s'agrandit 1 fois, 2 fois, 3 fois, 4 fois… pour accueillir toujours plus de clients et de salariés.
Le développement d'Arvid et Margaux en tant que personnes, qui se retrouvent confrontés au fait que recruter, ce n'est pas juste multiplier les bras et les jambes pour servir plus de clients. C'est aussi manager, communiquer, organiser, structurer des process.
Et le développement de leur binôme, car Margaux et Arvid sont un coupleet, pendant la vie de Suzzi, sont aussi devenus parents.
Suzzi change vite d'adresse pour accueillir tous ces clients, puis tous ces salariés, puis toute cette production. C'est une course presque sans pause, avec des décisions à prendre en permanence pour continuer à absorber la demande.
Jusqu'au jour où il faut ralentir et remettre les choses à plat.
Reprendre le contrôle sur la croissance avant que ce soit elle qui décide à leur place.
C'est ce que Margaux et Arvid ont fait. Et ça leur a demandé de se repositionner dans l'entreprise, de ralentir pour mieux décider. Ça leur a demandé de s'arrêter pour ranger avant de repartir plus sereinement.
Parce qu'un projet qui grandit vite demande aussi aux personnes qui le dirigent de grandir avec lui.
L'entreprise et toi : qui va outgrow l'autre en premier ?
Si je dois ultra-simplifier les problématiques de croissance des restaurateurs, je dirais qu’il y a :
Le restaurateur qui est “trop grand” pour son entreprise :
Il s’ennuie, ne prend plus vraiment de plaisir, n’est pas ou plus intéressé par les fondations opérationnelles. Il est comme un lion en cage, frustré de manquer de leviers pour réaliser la croissance qu’il sent possible.
Le restaurateur qui est “trop petit” pour son entreprise :
Il est dépassé par presque tous les aspects opérationnels. Le management, l’organisation, le parcours client, la gestion. Il a l’impression d’être en retard sur tout et vit dans une remise en question permanente.
Et bien souvent, pour ceux qui n’en prennent pas conscience, ces deux postures se succèdent. Comme "la poule ou l'oeuf", on ne peut pas savoir quelle posture a déclenché l'autre en premier, mais elles ne cessent de se suivre.
Le restaurateur “trop petit” va devoir charbonner pour se mettre à niveau. Et si, après ça, il ne redéfinit pas son rôle dans le développement de l’entreprise, il peut devenir “trop grand” pour sa structure et avoirl’impression qu’il faut accélérer en permanence.
À l’inverse, le restaurateur "trop grand", qui brûle d’ambition peut finir par faire surchauffer sa machine en voulant aller plus vite que ce que l’entreprisepeut absorberà un instant donné.
Et ces deux postures sont presque inévitables puisque l'une amène à l'autre.
On comprend ici que tout est toujours une question d’équilibre.
Tu le trouves un temps, puis tu le perds. Alors tu te repositionnes.
Et ainsi de suite.
À vue de nez Margaux et Arvid ont du se repositionner entre 8 et 10x dans la vie de Suzzi.
Même quand ça voulait dire lâcher un peu de contrôle, baisser certaines exigences ou déprioriser un sujet immédiat pour répondre à une nécessité plus importante.
Suzzi a grandi.
Arvid et Margaux aussi.
Et ça s’est fait chacun leur tour.
Comme si l’entrepreneur était destiné à devenir plus grand que son entreprise… pour permettre ensuite à son entreprise de grandir à son tour.
Et inversement. Ou bien est-ce ainsi de suite ?
Je trouve que c'est à la fois un sentiment vertigineux et porteur d’infinies possibilités.
Et ces sentiments se succèdent aussi pendant toute la vie de l’entreprise.
Leur épisode est en ligne et le lien est juste en dessous 👇
Comme toutes les personnes que j'accompagne, Margaux et Arvid ont commencé par réaliser un diagnostic flash :un moment de mise à plat et de prise de recul sur leur quotidien.
Et une occasion d’analyser ce qui pouvait entraver le développement de Suzzi, ou leur propre évolution au sein de Suzzi. Que ce soit lié à l’organisation opérationnelle, au management d’équipe, mais aussi à leur posture face à tout cela.
Si c’est le bon moment pour toi de prendre le recul nécessaire, et mérité, j’ai hâte de te rencontrer.
Enfin, je n'ai plus qu'à te laisser avec le nouvel épisode de Passe moi le sel, pour découvrir (toute) l'histoire de Suzzi. Racontée par Arvid et Margaux.
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