Joue-la comme Jeannine


#51 Et l'amour dans tout ça ?

Jeannine remet l'église au milieu du village

Hello hello les amigos de la restau,

Cette édition est un peu spéciale, car j'aimerais vous parler de Jeannine. Je l'ai rencontrée en Corse il y a quelques semaines, et elle m'a remis les idées au clair sur le B.A.-BA du restaurant.

Je ne savais même pas que j'en avais besoin, et pourtant !

Alors aujourd'hui, j'aimerais vous transmettre son message, en espérant qu'il vous fasse autant de bien qu'à moi.


Programme de cette édition :

  1. Joue-la comme Jeannine
  2. Ce que tu as peut être manqué sur Passe moi le sel

Temps de lecture :

  • 4 minutes avec des miettes partout si tu manges un canistrelli

1. Joue-la comme Jeannine

Si tu me lis depuis un moment, tu as compris que j'ai peu de passions, mais que je les vis à fond. Passer du temps dans la nature en est une, et c'est pour ça qu'après une semaine de télétravail avec Victor, on a décidé de partir vadrouiller au milieu de la Corse.

Nous sommes allés visiter le plateau du Coscione, si tu connais ?
Un lieu magique, entre sommets, pozzines, cochons et chevaux sauvages.

Aussi, tu sais qu'une deuxième passion que j'ai, c'est manger. Je n'aime que les choses simples et bien exécutées.

Je suis rarement béate dans un restaurant étoilé ; en revanche, je peux parler d'une vinaigrette ou d'une part de tarte aux pommes pendant des semaines.

Donc, naturellement, sur la route du plateau, j'ai cherché où acheter de quoi nous ravitailler pour la randonnée. Prenant, comme toujours, cette mission extrêmement au sérieux.

Et c'est ainsi que Victor, Wicklow et moi nous sommes détournés de notre route pour nous rendre à la Boulangerie-Pâtisserie Ettori Jeannine. Située dans un petit village qui vit d'une saisonnalité touristique abondée par les deux ronds-points qui le bordent.

En arrivant : un bar, un PMU, une station-service... Jusque-là, rien de fou.
Sauf pour la petite maison, avec une table sortie dehors et des bacs de trèfles.

Et devant celle-ci, Jeannine, qui arrose ses trèfles.

On se gare devant et, avant même de pouvoir descendre de la voiture, Jeannine arrive, s'accoude à la fenêtre de Victor - à ce stade, elle est à moitié dans la voiture avec nous - et je lui demande :

« Vous êtes Jeannine ? »

« On se connaît ? »

« Non, mais on a trouvé votre pâtisserie sur Internet et on a fait le détour juste pour goûter vos produits. »

« Ah, mais en fait, j'ai décidé de rester fermée. Et de n'ouvrir que dans quelques jours... J'ai sorti une table et allumé les lumières pour que les gens s'arrêtent, comme ça je peux leur dire de revenir samedi prochain ! »

« Jeannine, pourquoi attendre la semaine prochaine pour ouvrir ? »

« Parce que je reviens d'un voyage pendant lequel je suis allée visiter des amis. Et en rentrant, je voulais continuer à profiter de mes souvenirs. Donc j'ai décidé que j'ouvrirais une semaine plus tard cette année. »

À ce stade, tu peux te dire que Jeannine sert ses pâtisseries maison dans un petit village et n'a pas les mêmes enjeux que toi, restaurateur·rice de ville, avec des salariés, un gros loyer à payer et des clients à fidéliser...

Comme si, pour Jeannine, finalement, c'était facile de se couper d'une semaine de chiffre d'affaires juste parce que... juste parce qu'elle le veut ? Quelle audace, scandale, manque de professionnalisme ! Ou pas.

Je ne crois pas, car Jeannine nous explique quand même qu'elle fait tout, toute seule. Elle se lève à 4 h du matin et fait ses préparations et cuissons. Elle reçoit et gère les commandes spéciales, son appro, la créa..

Ensuite, elle sert ses clients jusqu'à écouler son stock, puis elle ferme.
Et elle recommence tous les jours de sa saison.


À 73 ans.


En réalité, j'ai trouvé que, même en dérogeant à la règle basique et évidente de respecter les horaires d'ouverture annoncés, Jeannine couvrait bien plus de fondamentaux du restaurant que 80 % des restaurants en ville aujourd'hui.

Elle accueille vraiment : elle prend le temps avec le client, même lorsqu'elle est occupée. Elle discute naturellement, se présente telle qu'elle est et non comme une commerçante froide et coincée dans son rôle.

Elle incarne le lieu : en deux minutes de discussion, on savait ce qu'elle faisait, pourquoi et comment.
En deux minutes, on a aussi compris les valeurs qu'elle a mises dans son projet : simplicité, générosité et audace.

Elle a le commerce dans la peau et pas sur Google : Jeannine n'avait rien à vendre ce jour-là, rien d'affiché sur place, rien en ligne et rien de présenté. Pourtant, en repartant - et sans avoir vu ou goûté -, on connaissait son offre par cœur et on avait déjà envie d'y emmener des amis.

On est venus après l'avoir trouvée sur Google, mais on reviendra parce qu'on l'a trouvée, elle.

Elle aime tout de son business : sa cuisine, son lieu, l'histoire qu'elle y vit, son client.

Avez-vous déjà rencontré un·e restaurateur·rice qui est VRAIMENT heureux·se dans son projet ? Croyez-moi, vous le saurez quand vous le verrez. Et croyez-moi, ce n'est pas la majorité d'entre nous.

En bref, Jeannine ne couvre aucune base du restaurant moderne.

Elle fait même un gros f*ck aux « il faut » et aux « je dois ».

Elle fait ce qu'elle veut, avec amour et passion.


Et finalement, on comprend que c'est largement suffisant.


Tu as lu le passage de la passion, l'amour, le fait d'être qui elle est et non qui elle doit être. Et tu as ressenti une petite pointe au cœur ? Au ventre ? Une envie de trouver ça ridicule ou inaccessible ?

Good, ça veut dire que tu mets le doigt sur quelque chose d'important pour toi.

Peut-être t'es-tu un peu perdu·e sur la route du développement de ton affaire ? Ou bien n'as-tu jamais vraiment trouvé ce qui marcherait pour toi ?

Est-il enfin temps pour toi de replacer le curseur entre « développement » et « épanouissement » ?

Si c'est le cas, mais que tu ne sais pas par où commencer ni comment t'y prendre, je pense que c'est le bon moment pour réserver ton diagnostic flash.

Il commence par un questionnaire d'état des lieux et se termine avec un RDV en visio avec moi.

Il est offert, c'est non engageant. Et tu peux le commencer maintenant :


2 - Ce que tu as peut être manqué sur Passe moi le sel

L'été a commencé très fort sur Passe moi le sel avec l'épisode 56, dont l'invitée, Alice, DOP de Mûre, explique ses positions sur des questions de choix de profils à recruter, de gestion de crise et d'alignement de l'équipe sur les valeurs de l'entreprise.

Les retours des auditeur·rices sur cet épisode, portent autant sur l'entreprise et son modèle hyper intéressant.

Mais personnellement, ce que j'ai préféré, c'est le fait qu'Alice ne réalise pas que ce qu'elle partage sur son travail de DOP, va aider les auditeur·rices à mieux recruter sur les postes de managers et de direction.

L'épisode 57 : « Comment être enfin compris par tes équipes de restaurant ». Ne te fie pas à la durée de 15 minutes « seulement », car il repose une base de communication managériale qu'on travaille avec 100 % des personnes que j'accompagne. Même quand elles ne l'ont pas demandé !!

L'épisode 58, avec Margaux et Arvid de Suzzi, a fait pleurer plusieurs auditeur·rices. Mais en bien, promis !

Margaux et Arvid racontent pour la première fois toute l'histoire de Suzzi, du début « juste à deux » à l'expansion - en douceur et étape par étape - qui les amène à la structure d'aujourd'hui : service continu, 30 salariés, 1 DOP et 1 manager. Et une réputation qui ne faillit pas !!!!

L'épisode 59 "Quitter ton restaurant qui marche pour un nouveau projet" propose un exercice que J'ADORE pour te projeter dans ton futur projet, si tu songes à quitter ton restaurant.

Quand on a fait le tour du restaurant et qu'on ne veut pas « plus », alors la suite peut faire un peu peur (coucou les anxieux, je vous comprends !). Retourner à la case départ, avoir peur de perdre un statut, un salaire, de se tromper, de regretter... Cet épisode devrait aider ceux d'entre vous qui ont envie de nouveauté.

Enfin, l'épisode 60, qui m'a provoqué des fous rires en le réécoutant. Florence et Léna tiennent chacune leur café-restaurant et se sont rencontrées dans mes groupes de Codev. Dans cet épisode, je les questionne sur les mêmes sujets : leur reconversion, leur rôle, l'argent, la concurrence, le futur de leur projet, leurs challenges...

Beaucoup d'entre vous/nous ont besoin de savoir ce qu'il se passe chez les autres, pour se conforter, prendre des idées ou se mettre au clair. Cet épisode est absolument parfait pour faire ça.

Comme toujours, si ces épisodes t'intéressent, t'aident ou te font du bien, tu peux me le faire savoir en notant le podcast 5 étoiles sur Spotify, Deezer ou Apple Podcasts. Ou les 3, HA !


La reco de partenaire 100% validé :

Recruter ou faire évoluer un·e salarié·e est un levier de développement autant qu’une prise de risque.

Aujourd’hui, encore trop de dirigeant·es de restaurants prennent des décisions de recrutement et de promotion interne “au feeling”.

Et quand ces décisions sont prises en manquant d’objectivité et de professionnalisation (au sens de technicité), alors, en cas d’erreur, c’est toute la structure qui pâtit.

Les salarié·es sont déçu·es et frustré·es, et toi qui pensais gagner du temps, tu en perds deux fois plus. Sans parler du coût financier, invisible à l’instant T mais bien réel sur le compte de résultat.

C’est pour éviter ces décisions au doigt mouillé que je recommande Leaderia, qui accompagne les acteurs du CHR dans le recrutement de postes cadres et dans l’analyse du potentiel de salarié·es que tu souhaites faire évoluer.

En travaillant avec eux, tu passes de “je pense que ça va le faire” à “je sais pourquoi ça va marcher”.

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Hello, c'est Laurine de Passe moi le sel

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