J'aime plus les restaurants parfaits


#52 Expérience authentique > Expérience parfaite

J'aime plus les beaux comptes Insta, les packagings ultra travaillés, les univers de marque faux et froid

Bonjour bonjouuuur les ami·es,

J'ai fait ma rentrée il y a 3 jours et je n'ai rebranché que deux neurones, donc je vais aller droit au but aujourd'hui. Je vous partage, non pas mon fond de pensée, mais le résultat d'une réflexion qui a commencé il y a 2 mois, quand j'ai rencontré Jeannine (précédente newsletter).

J'avais compris que la personne de Jeannine m'avait chamboulée. Par son parfait mélange de simplicité et d'audace. Mais ma réflexion ne s'est pas arrêtée là. J'y ai repensé tout l'été, ça m'a vachement travaillée.

Et ce matin, en préparant la sortie du nouvel épisode de Passe moi le sel, avec Antonin Corot, d'Avec Amour, j'ai compris que Jeannine me hante, comme Antonin et comme toutes les personnes que je rencontre qui transpirent une authenticité déconcertante.

En me replongeant dans l'épisode d'Antonin, j'ai accouché de ma réflexion : je crois que les restaurants surbrandés, léchés, otages du marketing Insta, des tendances, des réseaux... me font profondément ch*er.

Voilà, ça fait du bien de le dire.

Pour plus de contexte, RDV ci-dessous 👇


Programme de cette édition :

  1. La perfection et la performance ont tué l'authenticité
  2. Nouvel épisode de Passe moi le sel : accrochez-vous

Temps de lecture :

  • 6 minutes si tu le fais vraiment, mais je crois que l'humain a perdu sa capacité de concentration, donc je vais dire 1 minute pour choper 2-3 mots clés et repartir avec !

1. La perfection a tué l'authenticité

De beaux comptes Insta, léchés, homogènes, répondant à l'algorithme à la perfection.

Les beaux packagings, les beaux uniformes, la petite touche cool dans les toilettes.

Il y a ces restaurants qui maîtrisent les codes du marketing à la perfection.

Quel travail quand t'y penses... Il faut avoir l'idée de marque, la capacité de la traduire en expérience client, en produit.

Peu importe à quel moment de son expérience, pour le client, la marque doit toujours être lisible, cohérente et différenciante.

Alors c'est normal que le marketing des restaurants soit devenu le piège idéal pour les perfectionnistes.

Celles et ceux qui veulent toujours aller plus loin, faire mieux, faire parfait.

Et qui en oublient d'être authentiques. Ou ne savent pas faire / l'être, tout simplement.

Les restaurants au branding parfait mais qui ne racontent aucune histoire me font le même effet qu'un beau goss au regard vide et au sourire froid. Merci mais non merci.

Quelques secondes me suffisent pour repérer l'inauthenticité d'un restaurant, pas vous ?

En premier, le plus évident, c'est le contraste entre le lieu et le produit.

Les lieux pensés par des créas qui ne viendront jamais manger sur place.

Comme ces très belles brasseries bien placées qui servent un croque-monsieur dégueu' et décongelé.

Plus subtilement, on le voit à l'équipe.

Quand, à part l'uniforme, ils n'incarnent aucun esprit, donc aucune marque.

Vous voyez, ces chefs de rang lisses, parfaits et compétents qui ont fait 20 boîtes mais parlent toujours de la même façon au client. Souvent, ils disent « au plaisir » quand tu pars. Alors que ça veut rien dire.

Enfin, si t'as l'opportunité de le ou la croiser, tu trouves l'inauthenticité chez le ou la patron·ne.

Quand il ou elle microflique ce qui se passe dans le m² autour du client. Eux ne mangent plus dans leur restaurant et n'y invitent même plus leurs amis. Et ne sont plus (ou n'ont jamais été) fiers / fières de ce qu'ils proposent au monde.

Je préfère 1000x l'expérience d'un fournil de petite ville, dans lequel la boulangère t'intimide (trop 😂) et chez qui tu accepterais sans sourciller une rupture de baguette à 11 h du matin. Qu'un beau café parisien avec la même carte que chez tous les autres (hyper variée alors que 80 % des ventes sont des produits à base de café), de belles chaises qui font mal au c*l.

Et une ambiance froide à te coller les yeux sur ton téléphone et attendre que la vie passe.

« Un café sans joie ni vie svp »

Parce que si le lieu n'a pas d'âme, alors ses clients non plus.

Je suis peut-être dure, mais les lieux et les marques surbrandés me font ch*er.

Une part de moi admire les entrepreneurs derrière qui ont quand même bien bossé.

L'autre part hurle que ce n'est pas du tout ça l'avenir de la restauration en France.

Je pense qu'il y a une façon d'utiliser les codes marketing d'aujourd'hui, les réseaux et Google et de performer grâce à ces outils imposés, qui restent authentiques. Mais cette façon requiert que la personne qui crée et qui dirige se connaisse bien.

Qu'elle ose mettre son âme dans le lieu.

Qu'elle ait envie d'y travailler, de l'incarner.

Sans ça, c'est que du business. C'est cool, mais franchement si vous voulez faire du biz, il y a des métiers et des industries beaucoup plus accessibles que ma bien-aimée Restauration.

La recherche de perfection et de performance a tué l'authenticité.

Même dans les restaurants.

Mais heureusement qu'il reste des cow-boys de la vie (en concentration pure chez les personnes que j'accompagne, hasard de la vie ? Je ne crois pas). Et dans le nouvel épisode de Passe moi le sel 🔥


2 - Nouvel épisode de Passe moi le sel : accrochez-vous

​​

Dans le nouvel épisode de Passe moi le sel, c'est Antonin Corot qui envoie la sauce à mon micro. Et lui non plus ne retient rien.

Antonin a cofondé les 3 restaurants Avec Amour — aka le plus gros burger indépendant de Paris (oui oui). On se connaît grâce à Pauline, avec qui j'ai l'AMOUR de collaborer depuis 2 ans déjà. Pauline étant la cogérante d'Avec Amour et la femme d'Antonin.

Dans ce nouvel épisode, vous entendrez Antonin presque... penser à voix haute. Et partager ses réflexions de fond sur ce que c'est que de leader dans des restaurants. Sa vision du rôle du patron, face à l'équipe, face au marché concurrentiel et aux tendances changeantes.

Antonin revient sur les essentiels qui ont fait d'Avec Amour le plus gros burger indépendant de Paris et le meilleur (la meilleure note Google pour les burgers à Paris, avec +3 000 avis).

Antonin raconte aussi sa propre histoire. On comprend en filigrane de l'épisode que les valeurs, les ambitions et le bon sens qui opèrent au sein d'Avec Amour ne sont autres que les siennes.

Il se montre et tout l'univers d'Avec Amour prend sens.

On aime ou on aime pas, mais on ne peut pas les taxer de faire semblant !

Antonin maîtrise la performance authentique, et c'est donc sans surprise qu'il n'est pas non plus très fan quand le ratio « marketing / qualité » est mauvais.

L'épisode est sorti mardi, préparez-vous à être challengé·e·s, ça fait du bien pour la rentrée !


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