Comment font les autres dans leurs restaurants ?


#47 Comment font les autres ?

"Je veux juste savoir comment font les autres pour ... ?"

Hello hello les amis,

Aujourd'hui, je vous écris depuis ma petite cabane dublinoise. L'Irlande a globalement un temps de retard sur tout (sauf la bière), donc je vous confirme que les giboulées de mars sont bien à l'heure… en avril !

Dans cette édition, je réponds ENFIN à la question qu'on m'a le plus posée depuis bientôt 5 ans que je vous accompagne. Et cette question n'est pas : "Comment je peux faire poura voir plus/mieux, de CA, de rentabilité, de stabilité... ?"

Non, la question que les entrepreneurs et entrepreneuses que j'accompagne m'ont le plus posée, c'est :

"Laurine, comment font les autres ?"

C'est systématique, à chaque RDV, qu'il pleuve, vente, hiver comme été.
Alors aujourd'hui, je réponds à la question.

Mais je ne sais pas si vous allez vraiment aimer ma réponse...


Programme de cette édition :

  1. Comment font les autres ?
  2. Un semestre d'entraide avec des restaurateur·rices de toute la france

Temps de lecture :

  • 4 minutes, même vitesse et nombre de bouchée que pour le déjeuner que tu as englouti sur tes mails
  • 7 minutes, si tu me lis tranquillement, aux toilettes !

1. Comment font les autres ?

Je vais droit au but, tu ne m'en veux pas, ok ?

Les autres entrepreneurs et entrepreneuses de la restauration :

  • ne détiennent aucun secret d’industrie qu’on t’aurait caché
  • n’ont pas de fournisseur de chocolat qui applique les tarifs de 2012
  • n’ont pas de “chance” particulière dans leurs recrutements dont tu aurais été privé

Et je te promets également que les autres se posent autant de questions que toi.

Dès le réveil, sous la douche, en vacances et pendant qu’ils font leur yoga ou toute autre pratique qui apporte un semblant d’équilibre dans la vie.

Les autres sont autant challengés que toi par leur entreprise.

Même ceux qui - à tes yeux - ont l’air “d’avoir réussi”. En réalité, s’ils sont plus avancés dans leur entreprise, ils ont simplement des challenges proportionnels à leur stade de développement.

Les autres ont aussi une relation ambivalente avec leur équipe.

Peut-être que toi, c’est avec tes opérationnels, et eux avec leurs managers. L’alternance de sentiment de dépendance, puis refus de la dépendance, puis acceptation… qui tourne tous les jours. Chez toi comme chez eux.

Qu’ils soient à Paris, Hendaye, La Panouze (coucou Audrey !) ou Annecy.

J’aimerais aussi te donner mon point de vue, issu de :

  • 5 ans d’études spécialisées en management de restaurant dans les meilleures écoles
  • des centaines de shifts en cuisine, en salle, dans des étoilés ou cafés de quartier, de jour comme de nuit
  • dans 6 pays — et donc cultures — différents
  • 6 ans d’exploitation de groupes de restaurants
  • bientôt 5 ans de coaching et de conseil auprès de plus de 40 restaurateurs
  • plus de 100 diagnostics réalisés avec des entrepreneurs de la restauration

Avec tous ces échanges, ces modèles d’entreprise différents et les profils d’entrepreneurs et entrepreneuses que j’ai rencontrés, je n’ai jamais vu deux restaurateurs qui, face à la même situation, se posent la même question et aient le même ressenti.

Et je vais te donner deux exemples qui vont beaucoup te parler :

Exemple 1 : ton ou ta responsable de salle historique vous quitte, en pleine saison !

Jérôme, entrepreneur à la tête d’un groupe de 3 établissements, ressent un soulagement.

Il y voit une opportunité et se demande comment en tirer le meilleur parti. Pas une once d’émotion négative.

Il va dormir comme un bébé ce soir et sa femme n’entendra même pas parler de ce sujet.

Il mettra 3 longs mois à retrouver quelqu’un qui va rester et aura des up and down de motivation pendant toute la durée du process. Mais ira jusqu'au bout.

Elsa, gérante d’un établissement de centre-ville, va paniquer.

Son premier réflexe est de se demander : “Comment le faire rester ? Au moins pour la saison ?

Elle calcule combien elle peut l’augmenter et quel planning ultra adapté elle peut lui proposer.

Elle en oublie le reste de l’équipe, pour se concentrer sur le seul mec qui ne veut pas être là.

Elle dormira mal ce soir et toute la semaine, avant de reprendre ses esprits et d’accepter le départ.

Elle retrouvera un remplaçant encore meilleur que le précédent en 24h. Et rigolera d’avoir autant paniqué.

Un sujet, deux personnes, deux histoires. Incomparables.

Ici, si Emma et Jérémie avaient discuté de cette même situation :

Jérémie aurait pu faire relativiser Emma et l’aider à retrouver ses esprits plus vite, économiser une grosse crise de nerfs bien fatigante et se remettre en action. Montrant à son équipe que le capitaine ne lâche jamais la barre.

Dans l’autre sens, Emma aurait pu donner ses secrets de recruteuse à Jérémie, l’aidant à accélérer le process. Lui évitant l’effet domino dans son équipe, provoqué par la fatigue morale de travailler en rush sans responsable attitré.


Exemple 2 : tu changes ta carte et c’est le moment d’augmenter certains prix.

Virginie, cheffe gérante, n’attend pas et plonge dans les fiches techniques et sa mercuriale.

Elle revoit ses recettes, négocie certains prix fournisseurs. Elle analyse toutes ses statistiques de vente.

Elle sort une nouvelle stratégie de prix en quelques jours et change au passage tout le design de carte.

La carte sort rapidement et les équipes sont motivées pour la mettre en valeur.

Mais 1 mois plus tard, le constat est sans appel : ils ont perdu des clients.

Virginie réagit vite et, dès le lendemain, les prix ont rebaissé. Elle teste un entre-deux. Et on verra !

Paul, entrepreneur associé à sa femme, va faire 3 nuits blanches à l’approche de la nouvelle carte.

Il va passer 2 heures sur ChatGPT à lui faire faire une étude de la concurrence qu’il ne pourra pas exploiter, car - et il le sait déjà - son positionnement est unique et fort.

Il va demander leurs avis à tous ses amis et à la majorité de ses clients, sur ses prix, qui doivent monter sinon il n’est plus rentable. Tout le monde y va de son avis, le soir, il dort encore moins bien.

Il va établir une hypothèse de carte avec des prix augmentés et convoquer son équipe. Pendant la réunion, il commencera par dire qu’il sait que c’est risqué et osé — oubliant totalement le soutien et la perspective différente que son équipe doit lui apporter.

Il mettra 1 mois de plus que Virginie à sortir une carte magnifique et hautement stratégique en termes de positionnement. Il sera épuisé du process, mais le résultat sera magnifique.

Et la performance de celle-ci sera à la hauteur de ses ambitions les plus folles.

Un sujet, deux personnes, deux histoires. Incomparables.

S’ils en avaient discuté, Virginie aurait entendu les peurs de Paul. Elle n’aurait peut-être pas plus douté de ses prix, mais cela lui aurait donné l’idée de questionner son équipe sur le sujet. Ensemble, ils auraient peut-être trouvé l’entre-deux dès le premier coup et gagné un peu de temps.

Si Paul avait su comment Virginie gérait son changement de carte, de façon très pragmatique, calculée, il se serait mis en action plus rapidement : recalculant ses recettes et analysant ses ventes en premier.

Avant de douter et de projeter toute son anxiété sur les autres. Il aurait mieux argumenté ses décisions pour cette carte. Et la suivante aurait été encore plus facile… et la suivante encore plus…


Et il y a aussi le monde dans lequel Jérémie, Emma, Virginie et Paul refusent d’utiliser l’altérité comme tremplin pour évoluer dans leur fonctionnement et leurs idées.

Car (liste d'excuses :) ils ne se sentent pas du tout alignés sur leurs valeurs, sous-estiment ou surestiment l'autre.

Et ils n'accèdent pas à ses trésors.

Et donc, en version courte, ma réponse à la question “comment font les autres ?” :

Ils font comme c’est le plus juste pour eux. Avec leur expérience, leur passé, leurs objectifs et leur contexte.

Je sais que tu rêves parfois - secrètement ou non - qu'on te dise "juste quoi faire", "juste sur ce sujet."

Mais je sais aussi que si tu as entrepris, c’est parce que tu aimes cogiter, créer, développer. Et si demain, on t’annonçait “une méthode universelle pour tous les restaurants”, je ne sais pas si tu resterais bien longtemps…

Puisque ça existe déjà :

  • Dans le modèle de la franchise avec son manuel tout prêt à utiliser.
  • Dans le modèle du salariat avec une personne qui décide et tranche pour les autres qui s'alignent.

J’espère que ces exemples t’ont donné envie de savoir comment font les autres.

Parce que c’est le sujet de la prochaine partie :


2 - Rejoins un groupe de codéveloppement entre restaurateurs pour un semestre d'entraide

Les échanges, l'entraide et le soutien entre entrepreneurs, c’est probablement ce qui manque à 90 % des restaurateurs aujourd’hui : un espace où chacun peut arrêter de réfléchir seul dans son coin.

C’est un procédé qui existe déjà dans toutes les industries : on l'appelle parfois brainstorming, co-construction ou encore conseil entre pairs.

Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas en restauration.

Et puis de toute façon, je sais déjà à quel point c'est aidant pour le business et à quel point ça fait du bien aux participants, parce que ça fait déjà 2 ans que mes groupes d'échanges entre restaurateurs existent.

Au début, il n'y avait qu'un groupe. Puis trois.

Et le format est tellement puissant et humain que je ne compte pas m'arrêter là.

Concrètement, tu rejoins un petit groupe (entre 5 et 7 participants) de restaurateurs et restauratrices qui sont au même stade de développement que toi. Donc potentiellement les mêmes problématiques ou envies, mais, comme on l'a vu, pas le même point de vue face à elles.

Chaque mois, on travaille en profondeur sur vos sujets : rentabilité, équipe, organisation, décisions stratégiques.

Entre les sessions, tu n’es plus seul·e : échanges sur WhatsApp que j'anime, retours concrets des membres de tous les groupes, idées actionnables instantanément, soutien quand tu as un coup de mou.

Il y aussi les ateliers de découverte et travail de groupe. Puis les masterclass avec les experts métier.

Résultat : plus de clarté, de motivation, de meilleures décisions, moins de charge mentale - et une boîte qui avance plus vite :)

Cette année, on a eu de super belles résolutions et déblocages :

  • Charlotte a économisé 3 000 € suite à une recommandation de Pauline.
  • Jérémie a recruté son nouveau directeur grâce à sa buddy Anastasia.
  • Isabelle a validé une décision d'agrandissement suite à un call avec Arvid.
  • Florence a retrouvé une "love story" avec son équipe suite au soutien de son groupe en session.
  • Audrey a verrouillé, triple validé et backé TOUT son plan de développement.
  • Sandra a opéré un changement d'organisation sensible, suite à un gros clash d'équipe.
  • Aude s'est autorisée à partir 2 semaines en voyage et à parler de son envie de distance à ses associées.

Et j'en passe.

Si tu sens que tu pourrais aller plus loin avec le regard et le soutien de dizaines de personnes qui te comprendront instantanément parce qu'elles sont passées par là ou y arrivent aussi, rejoins-nous.

Les inscriptions sont ouvertes pour encore quelques jours. Et tout commence sur cette page :

Je te laisse avec quelques photos et des liens-ressource à la fin.


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